L'heure des décisions
Le 16 novembre 2015, dans une atmosphère de gravité extrême, le président François Hollande convoque le Parlement en Congrès à Versailles. Cette procédure solennelle, utilisée seulement une fois depuis 1848, marque un tournant historique. À la tribune, le chef de l’État martèle que « la France est en guerre » et annonce un arsenal de mesures sécuritaires drastiques. L’état d’urgence, décrété dans la nuit même des attentats, est prolongé pour trois mois, offrant des pouvoirs étendus aux forces de l’ordre.
Pour soutenir cet effort de guerre intérieure, le président annonce la suspension de la réduction des effectifs militaires et la création immédiate de 5 000 postes de policiers et gendarmes, 2 500 dans la justice et 1 000 dans les douanes, assumant que « le pacte de sécurité l’emporte sur le pacte de stabilité » budgétaire. Sur le plan politique, il propose une révision constitutionnelle visant à inscrire l’état d’urgence dans la Loi fondamentale et à permettre la déchéance de nationalité pour les binationaux condamnés pour terrorisme. Toutefois, cette dernière mesure fracture la majorité et l'opinion publique, conduisant à l'abandon du projet en mars 2016.
Sur le plan européen, la France active la clause de défense mutuelle de l’Union européenne, une première. À l’international, le chef de l’État appelle à une « grande coalition » contre Daech et obtient, le 20 novembre, l’adoption unanime d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU contre le terrorisme.
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