Caractéristiques Techniques : Un saut capacitaire majeur
Le futur vaisseau amiral de la Marine nationale ne sera pas une simple mise à jour de son prédécesseur. Il s'agit d'un changement d'échelle radical, conçu pour accueillir l'aviation de combat du futur.
Un mastodonte des mers : Si le Charles de Gaulle faisait figure de bâtiment compact (42 000 tonnes), le PANG jouera dans la cour des super-porte-avions avec un poids atteignant les 75 000 à 80 000 tonnes. Il pourra atteindre les 27 nœuds comme son prédécesseur.
Dimensions : Il mesurera 310 mètres de long (contre 261 m pour le CDG) et 85 mètres de large (contre 64 m). Cette taille accrue est nécessaire pour opérer des aéronefs plus lourds et plus nombreux.
Propulsion nucléaire renforcée : La France maintient son choix stratégique de l'atome. Le PANG sera propulsé par deux chaufferies nucléaires K22 (développant 220 MW chacune), bien plus puissantes que les réacteurs K15 actuels (150 MW).
Autonomie : Cette propulsion garantit une autonomie énergétique de 10 ans entre deux rechargements de combustible (contre 7 ans aujourd'hui). Elle permet de s'affranchir du ravitaillement en carburant pour la propulsion et de générer l'électricité nécessaire aux systèmes de bord énergivores.
Equipage : Comme pour le Charles de Gaulle, le PANG devrait accueillir pas moins de 2 000 personnels, dont 1 200 soldats, 500 personnels du GAé, 100 état-major embarqué et 200 spécialistes.
Révolution technologique : Les catapultes électromagnétiques, c’est la grande innovation de ce navire. Fini la vapeur, le PANG adoptera le système américain EMALS (Electromagnetic Aircraft Launch System). Il disposera ainsi de 3 catapultes électromagnétiques (contre 2 à vapeur actuellement). Ce système permet de lancer des appareils de manière plus souple et précise, qu'ils soient très lourds (chasseurs chargés de bombes) ou très légers (drones), tout en réduisant l'encombrement à bord.
Le Rôle et le Groupe Aérien Embarqué
Le PANG n'est pas seulement un navire, c'est une base aérienne mobile et un outil de diplomatie majeure. Le navire est dimensionné pour mettre en œuvre le SCAF (Système de Combat Aérien du Futur), le programme européen qui succédera au Rafale.
Capacité d'emport : Le groupe aérien passera de 30 à 40-45 aéronefs. Il embarquera des Rafale au standard F5, le futur avion de combat NGF (Next Generation Fighter), des avions de guet aérien Hawkeye, ainsi que des hélicoptères (NH90). Le PANG est aussi conçu nativement pour intégrer des drones de combat et des "drones accompagnateurs" (Loyal Wingmen) qui voleront en essaim autour des avions pilotés. Cette capacité mixte (homme-machine) est au cœur de la supériorité aérienne visée pour 2040.
Son rôle reste le même que le Charles de Gaulle : Se projeter et dissuader. Il sera capable de frapper des cibles au sol ou de contrôler un espace aérien n'importe où sur le globe. Sa dissuasion se portera notamment sur les missiles nucléaire aéroporté, offrant une alternative mobile aux sous-marins.
Le calendrier : Une course de fond jusqu'en 2038
La mise en service du PANG est le fruit d'une planification de longue haleine, étalée sur près de deux décennies pour éviter tout "trou capacitaire" entre le retrait du Charles de Gaulle et l'arrivée de son successeur.
- 2018 : La ministre de l'Armée de l'époque, Florence Parly annonce une phase d'étude de 18 mois pour permettre derrière de pouvoir prendre des décisions sur le remplaçant du Charles de Gaulle.
- 2020 - 2021 : Le président de la République officialise en décembre 2020 le lancement d'un programme de porte-avions de nouvelle génération doté d'une propulsion nucléaire. Dès 2021, la Direction générale de l'armement (DGA) a lancé la phase d'études sommaires pour définir l'architecture globale du navire.
- 2024 : Avant même l'annonce officielle de construction de ce jour, l'État a dû anticiper. En 2024, la DGA et le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) ont commandé les « équipements à long délai d'approvisionnement », notamment les pièces forgées des chaufferies nucléaires qui nécessitent plusieurs années d'usinage. Selon la DGA, le début de fabrication des enceintes de confinement des chaufferies nucléaires a commencé le 25 septembre 2025, sur le site de Naval Group à Cherbourg.
- 2025 : Le président de la République donne le coup d'envoi de la construction du PANG.
- 2026 - 2036 : C'est la phase industrielle pure qui s'ouvre. La découpe de la première tôle à Saint-Nazaire marquera le début de l'assemblage de la coque, suivi de l'intégration des systèmes de combat et des réacteurs.
- 2036 - 2038 : Une fois le navire à flot, deux années seront nécessaires pour tester la propulsion, les catapultes et mener les premières campagnes d'aviation.
- 2038 : Le PANG entrera officiellement en service, permettant la mise à la retraite simultanée du Charles de Gaulle.
Enjeux Industriels et Budgétaires
Le coût de l'ambition Ce programme est titanesque. Le coût est estimé entre 7 et 10 milliards d'euros. Le chiffre exact sera affiné en février prochain. Ce budget couvre la conception, la construction, mais aussi les infrastructures à terre. La construction se fera principalement aux Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire, seul site français capable d'assembler une coque de cette taille.
Le projet mobilise toute la Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) :
- Naval Group pour l'architecture d'ensemble.
- TechnicAtome pour les chaufferies nucléaires.
- Dassault Aviation pour l'intégration des futurs avions. C'est un poumon économique qui assurera de l'activité à des centaines de sous-traitants pour les quinze prochaines années.
Avec ce navire, la France réaffirme son statut de puissance mondiale. Elle reste, avec les États-Unis et désormais la Chine (avec le Fujian), l'un des très rares pays à opérer des porte-avions à propulsion nucléaire dotés de catapultes.
Une questions reste en suspend, celle du "sister-ship" ? Si la commande d'un unique porte-avions est actée, la question d'un deuxième exemplaire reste en suspens. L'objectif serait d'assurer une permanence à la mer (le Charles de Gaulle étant indisponible environ 35% du temps pour maintenance). Une décision sur ce second navire, qui pourrait être conventionnel ou nucléaire, est attendue à l'horizon 2028, selon la Loi de programmation militaire.
En lançant ce chantier, Emmanuel Macron pose la première pierre de la défense française de 2040, un pari technologique et industriel destiné à maintenir la France au rang des grandes puissances militaires maritimes.
Commentaires
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Maintenant la question qui se pose est: Quel nom allons-nous lui donner ??
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C'est une très bonne question ! Espérons l'avoir avant sa mise à l'eau 🤪
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