Parlement · chambre haute

Sénat

348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour six ans, renouvelés par moitié tous les trois ans.

Aucun vote

0 pour

0 contre

0 abstentions ou non-votantsne votent pas

Ce qui est voté

Scénarios
Pinceau
28 px

Le Sénat : rôle et fonctionnement

L'élection sénatoriale : un mécanisme unique

Qui élit les sénateurs ?

Pas les citoyens directement : un collège d'environ 162 000 grands électeurs, eux-mêmes élus locaux ou désignés par leur conseil, vote dans chaque département. Le vote est obligatoire : une absence sans motif coûte 100 € d'amende.

  • Délégués des conseils municipaux, environ 95 % du collège : le poids des communes est écrasant.
  • Les autres : conseillers départementaux et régionaux, députés et sénateurs du département.
6 ansde mandat
Par moitiétous les 3 ans, série 1 puis série 2
1 à 12sénateurs par département, selon la population
24 ansau moins pour être candidat

Deux modes de scrutin selon le département

1 ou 2 sénateursScrutin majoritaire à deux tours
  1. Premier tour, le matinÉlu qui a la majorité absolue des exprimés et au moins un quart des inscrits.
  2. Second tour, l'après-midiLe premier l'emporte ; à égalité, le plus âgé.

52 départements, 93 sièges : un peu plus d'un quart du Sénat.

3 sénateurs ou plusReprésentation proportionnelle

Un seul tour, des listes alternant une femme et un homme, sans panachage. Les sièges se partagent à la plus forte moyenne, qui avantage les listes en tête.

Exemple : 5 sièges, 1 000 voix

A460
B300
C160
D80

Avec 46 % des voix, A obtient 3 sièges sur 5, soit 60 %.

56 départements, 255 sièges : près des trois quarts du Sénat.


Carte des sénateurs par département

Cliquez sur un département pour voir ses sénateurs.
Les 348 sièges, renouvelés par moitié : la série 1 en 2023, la série 2 en 2026.

Colorier par

    Les groupes politiques

    Les sénateurs se regroupent par affinités politiques. Les groupes sont au cœur du Sénat : ils ont des moyens, des postes et des droits de procédure.

    Chargement des groupes…

    Former un groupe

    Il faut au moins 10 sénateurs. Trois liens possibles : membre, apparenté (compté dans l'effectif, moins tenu par les consignes), ou rattaché administrativement, pour profiter des moyens du groupe.

    Ses moyens

    Chaque groupe est une association, avec son bureau et ses collaborateurs. Le Sénat lui verse une subvention : une part fixe, une part selon le nombre de membres. Il a ses locaux au palais du Luxembourg.

    Ses droits

    Les commissions et le Bureau du Sénat sont composés à la proportionnelle des groupes. Les présidents de groupe siègent à la Conférence des présidents, qui fixe l'ordre du jour, et peuvent demander un scrutin public ou une suspension.

    Opposition et groupes minoritaires

    Chaque groupe déclare s'il est d'opposition ou minoritaire. Ces groupes ont des droits propres :

    • Les espaces réservés : un jour de séance par mois pour leurs propres textes.
    • Le droit de tirage : chaque groupe peut obtenir, une fois par an, une commission d'enquête ou une mission d'information.
    • Des postes clés : par tradition, la présidence de la commission des finances revient à un sénateur d'opposition.

    Les commissions

    Rôle des commissions

    Les commissions jouent un rôle essentiel dans l’élaboration de la loi, le contrôle du Gouvernement et l’évaluation des politiques publiques.

    Tous les sénateurs, à l’exception du président du Sénat, font partie de l’une des sept commissions permanentes, qui couvrent l’ensemble des champs de l’action publique. Les commissions se réunissent généralement chaque semaine pour examiner des textes législatifs et entendre toute personne utile à leur information.

    En complément, les sénateurs peuvent également être membres de la commission des affaires européennes.

    Les commissions permanentes

    Les commissions permanentes sont au nombre de sept ; s'y ajoute la commission des affaires européennes.

    Commission des affaires économiques

    Commission des affaires économiques

    Commission des affaires étrangères

    Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées

    Commission des affaires sociales

    Commission des affaires sociales

    Commission de l'aménagement du territoire et du développement durable

    Commission de l'aménagement du territoire et du développement durable

    Commission de la culture, de l’éducation, de la communication et du sport

    Commission de la culture, de l’éducation, de la communication et du sport

    Commission des finances

    Commission des finances

    Commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d'administration générale

    Commission des lois

    Commission des affaires européennes

    Commission des affaires européennes


    Les structures temporaires législatives

    Commission spéciale

    Les commissions spéciales

    Commission mixte paritaire

    Les commissions mixtes paritaires (CMP)


    Les structures temporaires de contrôle

    Mission d'information

    Les missions d’information communes

    Commission d'enquête

    Les commissions d’enquête

    Le parcours d'une loi

    Une loi n'existe que si les deux chambres l'adoptent dans les mêmes termes, ou si l'Assemblée nationale reçoit le dernier mot. Entre les deux, le texte fait la navette.

    1. Le dépôt

      Un projet de loi vient du Gouvernement, après avis du Conseil d'État ; une proposition de loi, d'un député ou d'un sénateur. Les projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale passent d'abord par l'Assemblée, ceux qui organisent les collectivités territoriales d'abord par le Sénat.

    2. La navette

      Chaque chambre examine le texte en commission, puis en séance publique, et le transmet à l'autre.

      Adopté dans les mêmes termes par les deux chambres : le texte est définitif (étape 5).

      Toujours en désaccord après deux lectures dans chaque chambre, une seule en procédure accélérée : le Premier ministre peut réunir une commission mixte paritaire.

    3. La commission mixte paritaire

      7 députés et 7 sénateurs cherchent un texte commun sur les articles restant en discussion. S'ils s'accordent, leur texte revient devant les deux chambres, qui ne peuvent plus l'amender qu'avec l'accord du Gouvernement.

      Pas d'accord, ou texte commun rejeté : le Gouvernement peut donner le dernier mot à l'Assemblée.

    4. Le dernier mot de l'Assemblée

      Après une nouvelle lecture dans chaque chambre, l'Assemblée nationale statue définitivement (article 45). Pour une loi organique, il lui faut alors la majorité absolue de ses membres (article 46).

      Deux exceptions : une révision de la Constitution exige l'accord des deux chambres, puis le Congrès ou un référendum ; une loi organique relative au Sénat doit être votée dans les mêmes termes par les deux assemblées.

    5. Le Conseil constitutionnel, puis la promulgation

      Avant d'être promulgué, le texte peut être soumis au Conseil constitutionnel par le président de la République, le Premier ministre, le président d'une chambre, 60 députés ou 60 sénateurs ; c'est obligatoire pour une loi organique. Le président de la République promulgue la loi dans les quinze jours ; elle s'applique après sa publication au Journal officiel.

      Ce que fait le Conseil constitutionnel d'une loi déférée

    La séance publique

    C'est la partie visible du travail parlementaire, dans l'hémicycle du palais du Luxembourg. Les séances sont publiques : on peut y assister depuis les tribunes et les suivre en direct.

    À l'ordre du jour

    Tout l'agenda
    1. Aujourd'hui
    2. Mardi 3 novembre
    3. Mercredi 4 novembre

    En direct Vidéos du Sénat Public Sénat

    La salle

    6gauchedroite573421
    1. Le plateau

      Au fond du petit hémicycle, le fauteuil du président de séance : le président du Sénat ou l'un des huit vice-présidents. De part et d'autre, les bureaux des secrétaires et des fonctionnaires qui tiennent le compte rendu.

    2. La tribune de l'orateur

      Au bord du petit hémicycle, face aux sénateurs. On y monte pour la discussion générale et les explications de vote ; pour un amendement, on parle de sa place.

    3. Le banc du Gouvernement

      Au premier rang du grand hémicycle, au centre, face à la tribune. Les ministres y présentent leurs textes et donnent l'avis du Gouvernement sur chaque amendement.

    4. Le banc de la commission

      Au premier rang aussi : le président de la commission saisie et ses rapporteurs. Leur avis pèse lourd : le texte discuté en séance est celui que la commission a adopté.

    5. Le grand hémicycle

      348 places sur neuf rangs, coupés par des allées ; un secteur par groupe, de la gauche à la droite du président. Chaque pupitre de bois a, depuis 2019, un écran pour le scrutin public : bleu pour, blanc abstention, rouge contre. Le reste du temps, on vote à main levée.

    6. Les tribunes du public

      En hauteur, sur deux étages depuis 1879 : près de 500 places pour le public et la presse.

    7. Les sept législateurs

      Entre les huit colonnes du petit hémicycle, sept statues de marbre (1844-1846) : Turgot, Molé, d'Aguesseau, L'Hospital, Colbert, Malesherbes et Portalis.

    Schéma : les neuf rangs et leurs allées, un trait par bloc de pupitres. Les bancs du premier rang sont placés à titre indicatif.

    Un texte en séance

    1. Discussion généralele ministre, le rapporteur, puis un orateur par groupe
    2. Les articlesun par un, dans l'ordre du texte
    3. Les amendementsl'auteur le présente, avis de la commission, avis du Gouvernement, vote
    4. Le vote sur l'ensemblepour les grands textes, un scrutin public solennel fixé à l'avance

    Le chemin complet d'un texte entre les deux chambres : le parcours d'une loi.

    Le mois à l'hémicycle

    L'ordre du jour se partage par semaines (article 48 de la Constitution). La Conférence des présidents le fixe plusieurs semaines à l'avance.

    2 semainesLe Gouvernementses projets et les textes qu'il veut voir inscrits
    1 semaineLe contrôlede l'action du Gouvernement, et l'évaluation des politiques publiques
    1 semaineLe Sénatun ordre du jour qu'il choisit lui-même
    • Un jour par mois à l'opposition et aux groupes minoritaires, en « espaces réservés » : ils y inscrivent leurs propres textes.
    • Priorité au Gouvernement en tout temps pour les budgets (lois de finances, de financement de la sécurité sociale), les textes venus de l'Assemblée depuis six semaines et les états de crise.
    La semaine type
    • Questions orales, au moins une fois par mois : un ministre répond sur un dossier souvent local.
    • Questions d'actualité au Gouvernement, retransmises en direct.
    • Les textes et les débats en séance, parfois jusque tard le soir.

    Voter

    À main levée

    Le mode courant, pour la plupart des amendements et des articles. Le président de séance constate la majorité d'un coup d'œil.

    Assis et levé

    Quand la main levée laisse un doute : on se lève pour voter pour, puis pour voter contre. L'Assemblée l'a supprimé en 2025, car il excluait les élus qui ne peuvent pas se lever ; le Sénat l'a gardé et règle ces cas un par un.

    Le scrutin public

    Le vote simulé en haut de page. Chacun vote de sa place, sur un boîtier électronique ; autrefois, on pesait les bulletins déposés dans les urnes. De droit pour certains votes, ou à la demande du Gouvernement, de la commission ou d'un président de groupe. Le détail est publié.

    À bulletin secret

    Pour élire des personnes, dont le président du Sénat : chaque sénateur passe à la tribune et dépose son bulletin dans l'urne.

    Les mots de la séance

    Amendement

    Une proposition de modifier le texte : ajouter, supprimer ou réécrire. Il peut venir d'un sénateur, d'une commission ou du Gouvernement.

    Rappel au règlement

    Un sénateur demande la parole pour signaler que les règles du débat ne sont pas respectées. Souvent un moyen d'interrompre ou de ralentir.

    Suspension de séance

    Une pause, décidée par le président ou demandée par un président de groupe pour réunir les siens, ou faire retomber la tension.

    Article 40

    L'irrecevabilité financière : un sénateur ne peut pas proposer de créer une charge publique ni de réduire les recettes. Son amendement n'arrive pas en séance.

    Cavalier législatif

    Une disposition sans lien avec le texte. Le Conseil constitutionnel la censure (article 45).

    Espace réservé

    Le temps de séance laissé chaque mois à un groupe d'opposition ou minoritaire pour ses propres textes.

    Législation en commission

    Une procédure simplifiée : les amendements ne se discutent qu'en commission, la séance se contente des explications de vote et du vote final.

    Vote bloqué

    Le Gouvernement demande un seul vote sur tout ou partie du texte, avec les seuls amendements qu'il accepte (article 44, alinéa 3).

    Contrôler le Gouvernement

    C'est la deuxième mission du Parlement : contrôler l'action du Gouvernement et évaluer les politiques publiques (article 24). Une semaine de séance sur quatre y est consacrée.

    Les questions d'actualité

    Chaque mercredi à 15 h, en direct : le sénateur pose sa question en deux minutes, le ministre répond aussitôt. Les groupes se partagent les questions.

    Les questions orales

    Le mardi matin, au moins une fois par mois. Plus techniques, souvent sur une situation locale : une classe qui ferme, une route, un hôpital.

    Les questions écrites

    Publiées au Journal officiel avec leur réponse. Le ministre a un mois pour répondre, deux s'il le demande ; en pratique, le délai est souvent dépassé.

    Les commissions d'enquête

    Six mois au plus pour enquêter sur un sujet précis. Les personnes convoquées doivent venir et témoigner sous serment. Chaque groupe peut en obtenir une par an, ou une mission d'information.

    Les commissions et délégations

    Elles auditionnent les ministres, suivent l'application des lois votées et publient des rapports, dont ceux de la délégation aux collectivités territoriales.

    L'évaluation

    Le Sénat évalue l'effet des lois et des politiques publiques. La Cour des comptes aide le Parlement dans ce travail (article 47-2).

    Le Sénat ne renverse pas le Gouvernement

    Pas de motion de censure au Sénat : le Gouvernement n'est responsable que devant l'Assemblée nationale. En retour, le Président de la République ne peut pas dissoudre le Sénat.

    • Article 49, alinéa 4 : le Premier ministre peut demander au Sénat d'approuver une déclaration de politique générale. Un vote contre est un désaveu politique, il n'oblige pas le Gouvernement à partir.
    • Le Sénat contrôle par ses questions, ses commissions d'enquête et ses rapports, et peut freiner un texte en navette ; c'est l'Assemblée qui a le dernier mot.

    Le sénateur : statut, moyens et indemnités

    Le mandat de sénateur n'est pas un métier, mais une fonction élective. Pour garantir son indépendance, la République lui accorde des moyens matériels et une protection sociale spécifique.

    Rémunération et protection sociale

    7 637 € brut par mois Indemnité parlementaire Soit environ 5 900 € net par mois. C'est le « salaire » imposable.
    5 900 € Avance de frais (AFM) Pour le bureau, les repas et frais divers. Contrôlé sur justificatifs.
    ~ 1 800 € net Pension de retraite Pension moyenne pour un mandat de 6 ans. Âge légal aligné sur le régime général (64 ans).
    Santé Protection sociale Caisse autonome de sécurité sociale, mais alignée sur les taux et prestations du régime général.

    Moyens et logistique

    8 837 € Crédit collaborateurs Enveloppe pour les salaires de 3 à 5 assistants (Paris et circonscription).
    Transports Train et avion SNCF : gratuité en 1re classe.
    Avion : 12 allers-retours/an (Métropole) ou prise en charge totale (Outre-mer).
    Équipement Informatique Dotation matérielle pour ordinateurs, tablettes et logiciels de bureau.
    Hébergement Bureau ou chambre Bureau au Palais du Luxembourg avec possibilité de couchage (ou forfait hôtel).

    L'indemnité, la même pour les députés et les sénateurs, vaut 7 637,39 € brut par mois depuis le 1er janvier 2024 ; elle suit le point d'indice de la fonction publique. Les autres enveloppes sont fixées par le Bureau du Sénat et révisées de temps à autre : elles sont données à titre indicatif.

    Questions fréquentes

    Toute la FAQ, 1 317 questions